Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 14:33

   LA BRAISE ET L’ÉTINCELLE

       

JOURNAL BIMESTRIEL INDÉPENDANT 

AU SERVICE DE LA FRANCOPHONIE

(membre de l’Union des Poètes Francophones)

                                                                                                                                                ARTS - LETTRES - POÉSIE

 

 

Le numéro 98 du journal « La Braise et l’Étincelle » vient de paraître.

 

Au sommaire :

Éditorial * ;

Le cinéma, rubrique de M.-C. Calmus ;

Détours en France : « L’Indre et Loire », par Emma Michel ;

Culture et inculture », une réflexion de Louis Delorme ;

« À la pédale », récit de Gérard Chatron ;

« L’enseignante mondialisée », par Sylvain Josserand ;

Le billet d’humour de François Fournet ;

La poésie existe… 6 poètes sont mis à l’honneur ;

« Du Xango au Tango », une étude de Michel Riffat ;

Chroniques africaines, présentation de Jacky Ferjault ;

« Lettre ouverte aux septus », par Ludovic Torugo ;

Les livres ;

Les revues ;

Annonces et échos.

 

* Éditorial : « Ce bon vieux brigadier »

 

Me voici installé au quatrième rang ; nul géant devant moi pour me cacher la scène. Volute autour de moi l’imperceptible écho des mots que l’on chuchote et que l’on n’entend pas.

Une anonyme voix demande à la volée que l’on pense à régler les portables en mode vibratoire. Pourtant, je le sais bien, c’est juste pour vibrer que je vais au théâtre.

Puis, retentit une sonnerie agressive semblable à un réveil, peut-être à une alarme. Les lumières s’éteignent et, comme par miracle, se fait un lourd silence.

Alors, alors… voilà que dans ma tête se mettent à cogner trois coups bien séparés : ce « bon vieux brigadier » taraude ma mémoire.

Nostalgie, pourquoi pas ? Est-il donc si ancien ce temps où, derrière le rideau, dans le secret des coulisses, entre cour et jardin, une série de coups rapides et serrés s’achevait en trois coups détachés juste avant que le rideau rouge s’évapore dans les cintres ?

Ce « brigadier » (c’est ainsi que l’on appelait le bâton frappeur) participait à ce mystère enchanteur qui enveloppe le théâtre, avec ses décors, ses jeux de scène, la voix des comédiens et les mots qui s’évadent et s’en vont voleter autour des spectateurs.

Mystère et magie. Dès le dernier coup du brigadier, la salle tout entière entre dans un monde merveilleux. Le théâtre est une espèce d’athanor où l’on entre avec des semelles de plomb pour en ressortir avec des ailes d’or.

Frappent dans tout mon être les coups du brigadier. Ils me suivent longtemps, longtemps après que le rideau est retombé.

Yves-Fred Boisset.

 

Publié dans : Le grain de sel
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