Après avoir publié plusieurs romans et collaboré à de nombreuses revues, Manuel Ruiz, écrivain, journaliste, chercheur,
nous offre aujourd'hui le deuxième volume de ces Chroniques de l'Étrange aux éditions «Édilivre», 56, rue de Londres, 75008 Paris (18,50 €).
Sous ce titre, l'auteur a rassemblé en 270 pages vingt-neuf contes et nouvelles de son cru. Voilà un livre qu'il est difficile de laisser avant la dernière page car le lecteur se pique
rapidement au jeu de ces chroniques qui défient le temps et l'espace et nous conduisent au rêve en nous dépeignant un monde vertigineux.
L'écriture est tout à la fois sobre et élégante. Manuel Ruiz sait tenir en haleine ses lecteurs sans tomber dans le culte du suspense comme le font tant de ses confrères. Car, et ce
n'est pas le moindre mérite de ce livre, nous nous sentons à chaque fois transportés dans les lieux où se déroule l'action de chaque chronique ; nous sommes les témoins des échanges et des
dialogues. En d'autres termes, nous sommes invités à ne pas rester de simples spectateurs mais à plonger au cœur de l'action et à entrer dans le jeu. Et cela en vaut la peine !
Tous délinquants ? est une enquête conduite par Sylvie Lidgi et publiée par les éditions «Michalon». Il est
réconfortant de savoir que les automobilistes honnêtes et responsables rencontrent parfois (mais c'est trop rare !) quelqu'un qui prenne leur défense. L'auteur se demande si la multiplication des
contraintes et sanctions qui pleuvent sur les usagers de la route sont pour notre bien ou... contre nous.
Tous les aspects de la sécurité routière sont analysés avec soin dans cet ouvrage. Si on ne saurait contester en bloc les mesures imposées, il faut avouer que certaines de celles-ci donnent à
penser que l'état est plus empressé de soutirer de l'argent aux automobilistes que de veiller à sa parfaite sécurité. Entre autres, la limitation de vitesse manque singulièrement de nuances et
certaines limitations relèvent de l'arbitraire en cela qu'elles ne sont pas justifiées. Sur ce sujet des limitations systématiques de vitesse, Sylvie Lidgi observe « qu'elles ne sont pas
toujours au-dessus de tout soupçon. Elles sont, plus souvent qu'à leur tour, inadaptées au contexte, soit parce que la vitesse maximale autorisée est trop faible et incite au dépassement, soit
parce que la signalisation et l'implantation des panneaux ne sont pas toujours cohérentes ou applicables ». Les pouvoirs publics devraient se montrer plus empressés à prévenir qu'à sévir. Ce
n'est hélas pas généralement le cas et des règlements incompréhensibles incitent à ne pas les respecter. Les vrais délinquants de la route, ceux qui se conduisent et conduisent leur véhicule
comme s'ils étaient seuls au monde, ne représentent qu'une infime minorité d'automobilistes. Alors, faut-il punir aveuglément les automobilistes paisibles parce que, de temps à autre et sans
vouloir narguer quiconque, ils dépasseront la vitesse autorisée de quelques kilomètres/heure quand ceci peut se faire sans danger pour les autres usagers ?
Il est quand même anormal et malsain que tout automobiliste qui s'installe à son volant soit systématiquement regardé comme un «délinquant».
... et à ceux qui écrivent ses discours.
Cet essai de Jean Baubérot (professeur émérite de la chaire d'histoire et sociologie de la laïcité à l'École pratique des Hautes Études), publié chez «Albin Michel», est une mise au point sur la
question des relations entre religions et laïcité et une réponse aux discours que Nicolas Sarkozy a prononcés à l'occasion des voyages officiels qu'il a entrepris d'abord au Vatican,
ensuite à Ryad. Dans les deux cas, il a mis l'accent sur l'importance de la religion et, plus particulièrement à Rome, sur les racines chrétiennes de la France, oubliant que notre pays a un
statut laïque. Pour l'auteur, que monsieur Sarkozy ait été intronisé par le pape «Chanoine de Latran» ne change rien à l'affaire.
Le livre est écrit sur un ton alerte, humoristique, parfois badin, souvent impertinent, ce qui n'est pas sans évoquer le style du célèbre «Canard Enchainé». L'auteur relève, avec un plaisir
non caché, les incohérences et les contradictions contenues dans ces discours et dénonce l'ignorance que les nègres-conseillers du président manifestent en ce qui
concerne l'histoire aussi bien du christianisme que de la laïcité. Il va de soi que, puisque la République française est un état laïque (ceci est inscrit dans sa constitution), le
Président de tous les Français se doit de respecter les valeurs induites par la laïcité, lesquelles, sans nier les valeurs confessionnelles, doivent prévaloir.
Jean Baubérot met en garde contre toute dérive qui menacerait nos équilibres républicains.
Un ouvrage édifiant et utile.
Laurent Cabrol, le météorologue bien connu des fidèles d'Europe 1, vient de publier un essai (édité au «Cherche midi») qui a pour
vocation de tordre le cou à certaines idées reçues en matière d'écologie. Documents historiques à l'appui, l'auteur démontre que les phénomènes climatiques sont changeants et souvent
imprévisibles, que la terre est un être vivant ayant sa vie propre et que notre influence sur ces phénomènes est mineure, quasi négligeable. En effet, les climatologues ont observé une alternance
des périodes de canicules et des périodes de glaciation et ce de manière constante depuis des millénaires.
De la lecture attentive de cet essai, je déduis, pour ma part, que les séquences de réchauffements de la planète sont bien antérieures à l'arrivée de ces salopards d'automobilistes
qui subissent la malédiction des pouvoirs publics comme s'ils devaient expier on ne sait quel péché originel. Laurent Cabrol démontre que « à l'échelle de l'atmosphère, nos rejets
sont insignifiants » et que « en réduisant de 10 km/h notre vitesse sur les autoroutes, nous économiserions ce que les Chinois consomment en trois heures ». Alors, s'il ne
s'agissait que d'une manipulation n'ayant d'autre objet que celui d'augmenter la pression fiscale sur les automobilistes et de leur pourrir la vie avec des réglementations de plus en plus
contraignantes et très souvent injustifiées.
Plus loin, et en conclusion de son propos, Laurent Cabrol se fait l'avocat du nucléaire en même temps qu'il plaide contre la déforestation.
Un dernier point, mais qui n'est pas accessoire : l'auteur se dit «écologue» et non «écologiste». La nuance est de taille. Méditons-la !