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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 15:45

 C'EST   TOI.

Ce corps ensorcelé dans son aura spectrale,
Cette peau dévorée à l'égal d'un festin,
Ces parfums de plaisir éclatés au matin, 
C'est toi : ma délirance au blanc d'une île australe.

 

Ces lèvres où je bois à ta source lustrale,

Ces filets de moiteur coulés dans ton satin,

Ces ruisselets de sel qui scellent mon destin,

C'est toi : ma fin du monde et ma demeure astrale.

 

Ces chairs que je remoule et roule entre mes mains

Ces contours au compas soulignés de carmins,

Ces caresses pleurant sur les larmes futures,

 

Ces souvenirs tremblés que le temps cassera,

Ces chagrins à venir aux fatales ruptures,

C'est toi : mon chant d'amour, mon sublime opéra.

 

Yves-Fred 

 

 

 

FEMME    A    LA   PLUME.

 (Poème inspiré par une silhouette féminine

tracée à la plume sur un vélin)

 

Femme à la plume

            femme en contours

                        en noir et blanc

                                   coeur de papier

                                               corps en épures

                                                           et sans visage

                                                                       juste habillé

                                                                                  d'un impudique trait de plume.

 

 

 

Femme au fusain

            femme en contrastes

                        en noir et gris

                                   coeur de charbon

                                               corps en ombrures

                                                           gonflé d'orage

                                                                       juste vêtu

                                                                                  d'un indiscret coup de fusain.

Femme à la nuit

            femme en passage

                        en rose et noir

                                   coeur de chagrin

                                               corps en brisures

                                                           et sans ancrage

                                                                       juste voilé

                                                                                  d'un délicieux instant de rêve.

 

Yves-Fred

 

I    LOVE    YOU.

 

Love, I love you,

et comme un serpent je me love

autour de toi, de ton corps bleu

aux reflets mauves,

de tes auras

aux mille flammes

qui farandolent entre nous,

lèchent nos coeurs,

brûlent nos vies,

nous électrisent,

nous érotisent

et nous attisent

pour que chaque caresse innove

et nous rénove

comme ce monde

qui s'apeurise,

se frilorise,

s'égocentrise

et s'éternise dans la haine

qui nous enchaîne

et se déchaîne

dans un rugissement de fauve

à l'heure de l'apocalypse,

à l'instant où l'amour s'éclipse

et qu'un trou noir nous engloutit

et nous avale

comme j'avale

tes yeux, ton corps

et tes auras,

tes reflets mauves,

tes mille flammes :

je t'aime, t'aime, I love you.

Yves-Fred

 

 

     

 

 

LE  PREMIER  SOIR  DE  VOUS.

 

Je garde en mes secrets le premier soir de vous.
L'arc-en-ciel en écharpe enrubannait la brune,

Habillait de couleurs les auras de la lune,

Se jouait de lumière avec vos cheveux fous.

 

Le sel de votre peau sur mes lèvres dissous

Assoiffait mon désir en la nuit opportune ;

Vous étiez pour mon cœur l'inaccessible dune

Que la vague en folie attaque par dessous.

 

Mes mains sur votre corps dessinaient mille rêves,

Les amants de pénombre ont des amours si brèves !

J'aurais voulu mourir au sommet du plaisir

 

Car je savais trop bien qu'au retour de l'aurore

Mes bras de votre chair devraient se dessaisir.

Tous ces matins sans vous quand l'ennui me dévore !

 

Je garde en mes chagrins le dernier soir de vous.

Mon cœur est déchiré ; grande est mon infortune

Et je m’en vais là-bas pleurer sur la lagune

Pour prendre avec la mort un joyeux rendez-vous.

 

De la vague à présent les flancs me semblent doux.

Je veux me perdre en eux, sans regrets, sans rancune,

Et me laisser porter comme le fit Neptune

Vers les bleus déchaînés de la mer en courroux.

 

Yves-Fred

 

  

 

NANAS   DE   L'OMBRE

 

Cette nana que j'ai croisée

Au dernier soir de ma jeunesse

Passa comme l'ombre brisée

D'une chimérique promesse.

 

Elle arrivait des jours d'antan,

Peut-être bien de chez Ronsard ;

Elle sentait l'amour d'avant,

D'avant qu'on le livre au hasard.

 

Quand elle surgit devant moi

Dans sa superbe indifférence,

Je fus frappé jusqu'à l'effroi

Par sa sublime transparence

 

II

Cette nana que j'ai ratée

Au dernier bond de ma jeunesse

Passa comme l'ombre portée

D'une inaccessible maîtresse.

 

Elle arrivait du fond des nuits,

Peut-être bien de chez Musset ;

Elle avait le parfum des fruits

Qui ont mûri près d'un bosquet

 

Quand elle transperça mon coeur

Pour mieux s'emparer de mon âme,

Je remarquai son air moqueur

Qui ridiculisait ma flamme.

III

 

Cette nana que j'ai brûlée

Au dernier feu de ma jeunesse

Passa comme l'ombre moulée

D'une fugitive princesse.

 

Elle arrivait droit de l'enfer,

Peut-être bien de chez Rimbaud ;

Elle avait l'odeur de l'hiver

Et la blancheur de mon tombeau.

 

Quand elle s'enfuit de mes yeux

Dans un jeu d'ombre et de lumière,

Elle se fondit dans les cieux

Dont elle resta prisonnière.

 

Yves-Fred

 

 

S E X O P L A S M E S.

 

Femmes-visions,

Femmes-miroirs.

 

Fantômes endrapés dans mes nuits désertiques,

désirs que je pétris dans l'argile des fantasmes

et que je voudrais cuire au feu des amours folles,

flammèches échappées du creuset des attentes

que le matin naissant réduit en cendres froides.

 

Femmes-ombrures,

Femmes-chagrins.

 

Parfums évaporés au vent des solitudes,

râles ensevelis au tombeau des chimères,

carmins à libérer des ombres arrogantes,

formes que je volute au compas des mystères.

Femmes-tiroirs,

Femmes-secrets.

 

Feux follets crépitant aux morsures de la lune,

spectres insaisissables aux amants ordinaires,

sexoplasmes glissant sur la moiteur des rêves.

 

Yves-Fred

 

 

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